Tryptique d'amour (joyeux anniversaire !)  (Samira) posté le vendredi 05 mars 2010 09:59

I.

Ô germe d'étoile, secoue ta poussière
Mordorée sur mes rubis hallucinés,
Tels ces nuits où les sages semblent résignés
Et susurrent les merveilles de ta lumière.

Mordorée sur mes rubis hallucinés
Ta main caresse le ciel et l'immortalise
Sur le sein d'une Erato en terre promise -
En toi l'innocence est un trésor inné.

Ta main caresse le ciel et l'immortalise
Tout comme le chant d'une délicate brise
Sur la cime de mon âme de mère aimée.

Tout comme le chant d'une délicate brise
La rivière de mes veines gît incendiée -
Neuf fois ton existence brilla si exquise !


II.

Ô ma charmante, ma douce, petite fille,
Tu virevoltes en l’innocence de ton âge,
Portant le nom de la foi, merveilleux mirage,
Que celui des années que fane la jonquille.

Mon enfant, ma précieuse, t’aimer est facile
Tant que les coups du cœur dansent dans la poitrine
A la tendresse de cette rose divine
L’ascension des astres rend l’aurore gracile.

Toi ma ligne fuyante tu es l’horizon
Qui sauve l’égaré de supplices violents
Et tes navires de l’espoir gisent brillants.

Toi qui naquis de nos essences en pâmoison
J’ai enclos sous ma demeure tous nos secrets
Et les rires de ta vie ont créé nos paix.


III.

Aimer connait sa saveur dès lors que tu chantes
Aux astres qui bercent ta couche bleue Éden.
Se nourrir de ton nom, ô délicate Imène,
Exclut toute ivresse au royaume des Bacchantes.

Aux astres qui bercent ta couche bleue Éden
Les lunes dansent en une farandole douce
Et lorsque la nuit s’éveille, en suçant ton pouce,
Tes rêves se dessinent, princesse Sélène.

Les lunes dansent en une farandole douce,
Les vagues de la vie se meuvent et m’éclaboussent –
Ô mon cœur, l’ardeur de l’amour me brûle tant !

Les vagues de la vie se meuvent et m’éclaboussent
Comme ton sourire, ô feu attendrissant,
Et je me perds dans tes yeux, magies qui m’émoussent.

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Plume, paupière et désolation.  (Samira) posté le mardi 09 février 2010 16:33

Plume, paupière et désolation.


La paupière rougit tandis que le soleil
Estompe le silence endormi sur la plaine.
La songeuse égarée, au sein d'une fontaine,
S'illusionnait d'accomplir un possible éveil.

Au gré de pétales fanés, nuits sans sommeil,
La ride au coin de l'oeil s'étirait, incertaine
Du sort réservé par la rage souveraine -
L'esprit perlait la folie d'un hiver vermeil.

Nyx et Érèbe s'aimaient dans l'encre des larmes
De l'âme perdue, effilochée de guisarmes,
Et leur union enténébrée soulignait la démence.

L'amour n'est plus dans mon regard, la peur remplace
Les étoiles s'effaçant dans l'évanescence
De ma plume glacée que l'on entrelace.

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Âme damnée.  (Samira) posté le vendredi 05 février 2010 15:33

Âme damnée.


Génuflexion de l'âme qui se meurt damnée,
Née femme et fragile à la fois, ô ironie,
Nie son existence et tend vers l'akinésie -
Sied le silence, le corps est abandonné.

Néant des soupçons de lumières effacées
Céans au confins des Enfers interminables
Ablutions venez à moi, ôtez l'innommable -
Ablation de mes paupières inanimées.

Méandres incessants, cessez votre vacarme,
Armez le courage de dépeindre ma larme -
Armure aqueuse de mes songes avortés.

Tessiture brisée de ma voix assassine,
Innée est ma souffrance aux reliefs accidentés -
Tes rivières de sang agacent ma famine.

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Charrue de soie  (Samira) posté le vendredi 05 février 2010 15:31

Charrue de soie.


Fardé d'écume, de vents, de bleu et de soie,
Oisif au gré des embruns doux, au bras de Thaumas,
Masqué de tonnerre et de l'Iris au frimas
Masculin, le cœur s'immobilise, ô proie !

Roi d'outre-mondes, Aidès étreint le sang
Angélique qui s'écoule d'une charrue,
Rugissant l'amour d'une mélodie accrue -
Runes sacrées, la bonté suinte dans l'étang !

Tanguant au sanctuaire d'un cycle de Lunes
Une étincelle voit le jour et les tribunes,
Unies, scellent ma boite de Pandore.

Or, enténébrée d'immortalité, je prie,
Prisme fragile de ces errances en pléthore -
Ors des silences, l'enclume semble désunie.

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Assonance macabre  (Samira) posté le vendredi 29 janvier 2010 10:25

Assonance macabre.


J’ai coupé mes peaux dans un tintement macabre,
Glissé sous mes cernes des pelures glacées,
Les chansons de mon avenir gisaient fanées –
L’aurore n’est plus et mon esprit se délabre.

J’ai arrangé avec barbarie mes stigmates,
Ceux que je décore avec amour dans le noir,
Illustrant ma schizophrénie et mon mouroir –
Comme Sisyphe, mes folies sont automates.

La ronde ininterrompue de ma déchéance
Se colore d’une sanguinaire assonance
Contre mon cœur perdu, anathème fatal !

Ô Dicé, la pluie de bleus sur mon existence
Ne cesse son courroux vengeur et abyssal –
Le temps des lumières se meurt, fait abstinence.


La mort en ce jour a cessé son ignorance.

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